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Petites notes au fil de l'eau

Petites notes au fil de l'eau

 

Petites notes au fil de l’eau…

 

Notes pour signe, indice, pour repère

Notes comme forme pour dire ce qu’on a ressenti, constaté une fois, plusieurs fois,

Notes pour partager aussi…

 

 

L’étonnement renouvelé dans cette expérience de l‘eau du non spectaculaire.

« Il n’y a rien à voir ! » ou presque.

Tout se passe comme si l’aborder sur ce mode, par sa source corporelle endiguait les tendances à l’hémorragie de l’imaginaire, ses possibles inflations.

Et pourtant, le travail se fait, mais petit, ténu, silencieux, à bas bruit.

 

Invitation est faite aux espaces du corps muet ou muselés à balbutier, à se dire à travers une sensorialité naïve, à chaque moment différente, dans l’instant d’un mouvement inventé. Dans ces avènements à valeur cristalline, des images prennent place. La mise en œuvre imaginaire peut s’entendre dans les mots. Le plus souvent elle se lit dans le silence des actes, dans les expressions gestuelles, dans la qualité des échanges.

 

Voyage !

La recherche de chacun se fait vers l’amont. On parle alors de régression au sens de revenir vers un point de départ. Ce chemin peut mener vers le « premier » sans abattre ou déconstruire ce qui a été édifié. Régression rime souvent avec archaïque : l’imaginaire au rendez-vous résonne alors de chaos, de violence, d’angoisse. Si le « premier » n’était que ce tumulte dissocié, quel cauchemar ! Peu de nous survivrions. .. Quiconque a partagé quelques moments avec un tout-petit sait qu’il existe aussi des états éphémères mais bien réels d’équilibre et de satisfaction entre besoin, désir et rencontre de l’autre.

 

Petites notes, petits détails partiels, limités, à l’échelle du tout commencement de la vie. Partiels, limités mais non forcément bouleversés ou dépourvus de sens. Parcellaires, déroutants et cependant fondés sur une cohérence native.

Petites notes qui cherchent à s’accorder entre imaginaire, réalité corporelle et langages.

 

L’imaginaire en soi n’existe pas. Il n’a de destin que d’être communiqué.

A soi même, dans cette connaissance intime, opaque le plus souvent, incompréhensible dans son expression brute, sommaire décalée, énigmatique.

            A l’autre dans la relation, où il est vecteur ET objet, révélateur et manipulateur. Approximations chevauchent évidence et illumination, quiproquos voisinent avec connivence et empathie. L’imaginaire est nécessaire au jeu des illusions… Il n’est jamais suffisant.

            Aux autres dans ses formes culturelles, cultuelle, dans ce que véhicule la parole et ses élaborations multiples.

 

Avant que d’émerger, les apparences de l’imaginaire demeurent longtemps invisibles, secrètes, irreconnaissables. Nous pourrions dire en attente d’une « préforme ».

Préforme corporelle, préforme de pensée, préforme actuelle, préforme symbolique…

Préforme au dehors. L’imaginaire ne peut se lier qu’en s’appuyant sur cette présence extérieure à croiser. Sinon, il tourne à vide, s’alimente de lui-même se gonfle, déborde et envahit tout. Il arrive toujours le premier, avant soi, rien ne limite sa toute puissance conquérante et dévastatrice. La préforme, c’est cette attente insoupçonnée de l’autre, la rencontre fortuite même si elle est organisée, pensée. « Y être » à deux.

Cette figure d’imaginaire tout-puissant est fréquente chez le petit d’homme. Dans ce temps-là  aucune curiosité pour la différence, pour l’écart. Tout ce qui n’est pas du même, homogène au scénario à répétition, connu, ressassé est fort dangereux. Il vaut bien mieux demeurer au contact du pire – les monstres, les loups, les ogres - , du meilleur – les fées si douces et les princes généreux - ! L‘enfer, le paradis, juste une question de climat…

 

Ne libérer le thermostat sous aucun prétexte !

La présentation unique d’imaginaire figé, artificiel, pratiquement libéré de tout affect est bien plus économique que l’écoute des imaginaires qui nous traversent et nous habitent.

 

Projection privée sur écran cosmique…

Projection privée de la vie

 

Croyez –vous que cela puisse persister chez le petit d’homme devenu grand ?

Le petit pas de côté n’est facile pour personne. Se décaler du miroir captateur, de la lanterne fascinante demande du courage

D‘autant qu’il peut être violent de sortir de l’excès…

Excès de silence, d’immobilité

Excès de bruit, de mouvement

 

La présence patiente de l’autre peut permettre d’y accéder. Être trois : soi, l’imaginaire, l’autre et jouer à ressentir, sentir nouvellement, approcher sans convoquer la démesure inverse, cheminer sans exubérance dans une présence à soi, à l’évènement, à l’autre. Et ce, de plus en plus finement, sans esbroufe, avec tendresse aussi, pourquoi pas ? Sans rien laisser sur le bord.

Jouer, trouver une note juste, la jouer, la jouer encore, la perdre, s’en souvenir, la retrouver et résonner encore.

 

Dans ce travail de l’eau dont nous parlons, « au-delà du principe d’archimède » cette justesse évoquée vers laquelle nous tendons tient sans doute, entre autres facteurs, au fait que nous sommes immergés dans l’élémentaire.

Elémentaire au sens de l’élément si particulier qu’est l‘eau dans le rapport permanent entre la terre et l’air. On ne peut s’y soustraire et cela nous invite à recontacter l’incontournable et délicate alternance des tous premiers échanges.

Echanges élémentaires vitaux avec l’air : prendre /rendre

Rapport élémentaire à la gravité : je tiens / je lâche

Rapport élémentaire d’alternance : à toi / à moi

Dans cette circularité peut advenir le silence, un petit rien entre le temps de l’échange et la liberté qui s’y fondera. Cet imaginaire là ouvre à la construction, à la complexification, aux liens, au récit corporel, à la chorégraphie et aux merveilles dites. Pourtant il s’étaie sur du simple, du petit, avec des bulles, mais sans éclaboussures.

C’est qu’on y est entier mobilisé, attentif sans se fermer, vigilant  à se garder ouvert ou bien encore précis, pour privilégier une entrée plus que les autres et apprendre ce qui vient. Dans cette « capacité de rêverie » que nous a généreusement enseignée Winnicott. Quand l’imaginaire habite le corps et voisine en bonne intelligence avec le symbolique, dans cet espace vivant où les pensées sont naissantes, précises ou évanescentes, qu’importe ! Où l’imaginaire laisse un peu davantage passer le temps, lui qui ne reconnaît de mesure qu’éternité… Il y advient alors des trouvailles de toutes les couleurs, palette infinie à enrichir encore.